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Catalogue

Toutes les partitions

476 partitions de piano gratuites du domaine public

Enfantillages Pittoresques

Erik Satie

Recueil de trois petites pièces composées par Satie en 1913 pour les enfants — ou plutôt pour les adultes qui voudraient redevenir enfants. Le triptyque comprend un Petit prélude à la journée, une Berceuse et une Marche du grand escalier, trois courtes saynètes du quotidien. La simplicité y est voulue, jamais simpliste. Satie écrit pour des doigts qui débutent, mais avec une musicalité d'adulte. C'est cette double lecture qui fait le charme de ces miniatures pédagogiques : l'enfant y trouve un morceau à sa main, l'adulte y entend l'ironie tendre et les harmonies un peu de travers qui signent le compositeur. Trois pages sans difficulté apparente, et beaucoup de plaisir à en tirer.

6 pages

The Strenuous Life

Scott Joplin

Le titre reprend celui d'un discours prononcé en 1899 par Theodore Roosevelt, The Strenuous Life, où le futur président exaltait l'effort, l'énergie et l'action. Roosevelt devient président en 1901, et Joplin publie ce rag l'année suivante, en plein dans l'actualité. La musique répond à cette idée d'énergie. C'est un rag dynamique, affirmé, aux sections bien tranchées, où le rythme porte l'essentiel du discours. On est loin de la tendresse des slow drags : ici tout avance, tout pousse. Le choix d'un titre d'actualité n'était pas rare chez les compositeurs de rag, qui cherchaient à accrocher l'attention du public dans les vitrines des marchands de musique. Joplin n'échappait pas à cette logique commerciale, même lorsqu'il défendait l'ambition artistique du genre. Comptez un niveau intermédiaire, avec une vraie exigence de netteté rythmique.

4 pages

Something Doing (avec Scott Hayden)

Scott Joplin

Deuxième collaboration publiée avec Scott Hayden, après le Sunflower Slow Drag, ce rag de 1903 porte un titre d'argot américain qu'on pourrait traduire par « il se passe quelque chose », avec l'idée d'une animation, d'une effervescence. Le travail à deux mains, au sens propre, laisse des traces. Les sections n'ont pas toutes la même couleur, et l'on a souvent cru y distinguer les apports de chacun : des idées plus directes, plus dansantes, à côté d'autres plus élaborées. Il est pourtant impossible de trancher avec certitude, et le morceau fonctionne comme un tout cohérent. Hayden, élève de Joplin à Sedalia, a composé plusieurs rags avec lui avant de s'éloigner de la musique. Leur collaboration reste l'un des exemples les plus connus d'écriture partagée dans le ragtime classique. Le caractère est vif et festif. Le niveau est intermédiaire, sans difficulté technique marquante.

4 pages

Sugar Cane Rag

Scott Joplin

Sous-titré « a ragtime classic two step », Sugar Cane paraît en 1908, et il ressemble à son illustre aîné plus qu'on ne le remarque d'abord : la construction et certains enchaînements rappellent de près le Maple Leaf Rag, au point que plusieurs musicologues y voient une sorte de variation sur le modèle de 1899. Ce rapprochement n'a rien de péjoratif. Joplin revient souvent sur des formules qui ont fait leurs preuves, et il les retravaille avec l'expérience acquise en dix ans. Le résultat est un rag plus mûr, plus fluide dans ses transitions, qui garde l'énergie du modèle tout en l'assouplissant. La mention « classic » du sous-titre dit bien l'ambition : ce n'est pas un air de danse jetable mais un morceau pensé pour durer, dans la tradition que Joplin défendait. Le niveau est intermédiaire. Comparer ce rag au Maple Leaf Rag est d'ailleurs un exercice très instructif pour comprendre l'évolution d'un compositeur.

4 pages

A Breeze From Alabama

Scott Joplin

Joplin a dédié ce rag à P. G. Lowery, cornettiste et chef d'orchestre afro-américain très connu à l'époque, qui dirigeait des formations de cirque et de spectacles itinérants. La dédicace dit quelque chose du milieu dans lequel le ragtime circulait : les orchestres de parade, les fanfares, les spectacles de tournée. Publié en 1902, A Breeze From Alabama porte bien son titre. C'est une page légère, aérée, d'une grande élégance mélodique, où les syncopes restent discrètes et où la ligne chantée prend souvent le dessus sur l'effet rythmique. On y entend aussi une influence de la marche, sensible dans la carrure des phrases et la netteté des cadences. Joplin, qui avait joué du cornet dans des formations de ce type, en connaissait parfaitement les codes. Le morceau est d'une difficulté modérée et convient à un pianiste qui a déjà abordé un ou deux rags plus simples.

4 pages

Eugenia

Scott Joplin

Eugenia est l'un de ces rags que la célébrité du Maple Leaf Rag et de The Entertainer a laissés dans l'ombre, et c'est précisément ce qui en fait l'intérêt pour qui veut découvrir le reste du catalogue. Publié au milieu des années 1900, à une période où Joplin s'est installé à Saint-Louis et travaille à des projets plus ambitieux, ce morceau montre un compositeur en pleine possession de son style. Les sections s'enchaînent avec naturel, les syncopes sont variées, et l'écriture de la main gauche est plus mobile que dans les premiers rags. On y retrouve ce qui fait la signature de Joplin : un équilibre entre la légèreté de la danse et une construction réfléchie, où chaque section répond à la précédente. Rien de démonstratif, mais une grande cohérence. Pour un pianiste qui a déjà travaillé un rag célèbre et cherche à élargir son répertoire, c'est une excellente suite, moins entendue et tout aussi gratifiante à jouer. Niveau intermédiaire.

4 pages

Search-Light Rag

Scott Joplin

Publié en 1907 avec la mention « a fast ragtime two step », ce rag annonce dans son sous-titre ce qu'il attend du pianiste : de la vivacité. Le two step était une danse de salon à deux temps, rapide et sautillante, très à la mode au tournant du siècle, et beaucoup de rags étaient conçus pour l'accompagner. C'est une page brillante, animée, où les syncopes s'enchaînent sans temps mort. Le caractère est celui d'une danse joyeuse et énergique, plus proche du divertissement que de l'introspection. Joplin vit alors à New York, où il s'est installé pour se rapprocher des éditeurs et du monde du spectacle. Il y consacre une énergie croissante à ses projets lyriques, mais continue de publier des rags de danse destinés au grand public. La vitesse demandée en fait un morceau plus exigeant que les rags lents. Comptez un bon niveau intermédiaire.

4 pages

Magnetic Rag

Scott Joplin

C'est le dernier rag que Joplin ait publié de son vivant. Il paraît en 1914, trois ans avant sa mort, édité par la maison qu'il avait fondée lui-même avec sa troisième épouse, Lottie, après des années de relations difficiles avec les éditeurs. On y entend un compositeur qui a changé. La forme est plus libre, les enchaînements harmoniques plus audacieux, et une section en mode mineur installe une gravité inhabituelle dans le genre. Le morceau a quelque chose d'une méditation sur le ragtime autant que d'un rag. Beaucoup y voient une pièce d'adieu, écrite alors que la santé de Joplin déclinait et que son opéra restait inédit. Rien ne l'atteste formellement, mais le contraste avec l'insouciance des rags de 1900 est frappant. C'est aussi l'un des plus exigeants à interpréter : il demande une vraie maturité pour faire entendre, sous la forme d'une danse, cette mélancolie retenue. Niveau intermédiaire avancé.

5 pages

Original Rags

Scott Joplin

C'est le premier rag que Scott Joplin ait vu imprimé. Il paraît à Kansas City en mars 1899, quelques mois avant le Maple Leaf Rag qui fera sa fortune, et sa page de titre porte une mention qui en dit long sur l'époque : l'éditeur Carl Hoffman y crédite un arrangeur, Charles N. Daniels, comme si la partition d'un pianiste noir avait besoin d'une caution pour se vendre. Le titre au pluriel n'est pas une erreur. Original Rags se présente comme un assemblage de plusieurs airs, et il en garde l'allure : chaque section apporte une idée nouvelle, sans chercher l'unité thématique que Joplin maîtrisera plus tard. L'écriture est déjà typique : basse alternée, mélodie syncopée, forme en sections de seize mesures reprises. Mais on sent un compositeur qui cherche encore sa manière, avec des idées plus nombreuses et moins développées que dans les rags de la maturité. Pour le pianiste, c'est une porte d'entrée intéressante : un rag complet, authentique, un peu moins exigeant que les grandes pages qui suivront.

4 pages

Bethena « A Concert Waltz »

Scott Joplin

Ce n'est pas un rag mais une valse, et Joplin tient à le préciser dès le titre : A Concert Waltz, une valse de concert, destinée à être écoutée plutôt que dansée. Publiée en 1905, la pièce est souvent rapprochée d'un drame personnel. En 1904, Joplin avait épousé Freddie Alexander, qui mourut quelques mois plus tard d'une maladie contractée peu après le mariage. Rien ne prouve un lien direct avec cette valse, mais son climat, mélancolique sous une surface élégante, a nourri cette lecture. L'écriture est d'une grande finesse. Joplin y combine le balancement à trois temps de la valse et des syncopes héritées du ragtime, qui décalent délicatement les appuis. Le résultat est une page d'une tendresse singulière, parmi les plus personnelles de son catalogue. Longtemps oubliée, elle a été redécouverte à partir des années 1970. Comptez un niveau intermédiaire.

6 pages

Solace « A Mexican Serenade »

Scott Joplin

Ce n'est pas un rag au sens strict. Solace, publié en 1909 et sous-titré « a Mexican serenade », est une habanera : une danse lente d'origine cubaine, au rythme balancé caractéristique, que l'Europe connaissait par la Carmen de Bizet et qui avait largement pénétré la musique américaine. C'est la page la plus mélancolique et la plus intime de Joplin. Le tempo est lent, la mélodie tendre, et le rythme de habanera installe un balancement doux qui n'a rien de la vivacité du ragtime de danse. On pense davantage à une sérénade nocturne qu'à une salle de bal. Longtemps négligée, la pièce a trouvé un large public lorsqu'elle a été reprise, avec d'autres œuvres de Joplin, dans la bande originale d'un film à succès des années 1970. Sa lenteur la rend plus accessible techniquement que les rags rapides. La difficulté est expressive : tenir le balancement et le chant sans que la pièce s'affaisse.

4 pages

Peacherine Rag

Scott Joplin

Peacherine : le mot est un jeu de langage de l'époque, à mi-chemin entre la pêche et la clémentine, que l'argot américain employait pour désigner quelque chose de délicieux, de réussi. Le titre annonce la couleur : un rag aimable, souriant, sans rien d'inquiet. Publié en 1901 par John Stark, l'éditeur de Sedalia qui avait lancé le Maple Leaf Rag, ce morceau appartient à la première période de Joplin, celle où il produit plusieurs rags par an pour un public friand de nouveautés. La forme est la forme classique du genre : quatre sections, une modulation vers la sous-dominante au milieu, un retour conclusif. C'est un rag de caractère plus lyrique que démonstratif. Les mélodies y sont chantantes, les syncopes moins agressives que dans les pièces plus célèbres, et l'ensemble a une douceur qui convient bien à un premier contact avec le style. Comptez un niveau intermédiaire.

4 pages