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harmonie

Suspension

Note tenue d'un accord à l'autre qui devient dissonante avant de résoudre. Procédé classique pour adoucir le passage harmonique.

Trois temps obligatoires

La suspension classique se déroule en trois étapes : préparation (la note est consonante dans le premier accord), suspension proprement dite (l'accord change, la note tenue devient dissonante), résolution (la note descend d'un degré).

Le procédé vient de la polyphonie de la Renaissance. Palestrina codifiait déjà l'emploi des suspensions pour adoucir les frottements entre voix. Au baroque, Bach en remplit ses fugues — chaque entrée de sujet est souvent ornée d'une suspension qui crée un instant de tension expressif.

Au piano, la suspension reste un pilier du legato chantant. Schumann l'emploie pour étirer une phrase mélodique au-dessus d'un accompagnement qui a déjà changé. Mais ça dépend du tempo — trop rapide, l'oreille ne perçoit pas la tension. C'est ce qui donne aux Kinderszenen op. 15 leur caractère doux-amer si particulier — la mélodie traîne, l'harmonie bouge dessous.

Exemples

Bach exploite systématiquement les suspensions dans ses fugues du Clavier bien tempéré. Schumann dans Träumerei (Kinderszenen op. 15 no 7) construit toute la pièce sur des suspensions répétées qui retardent les résolutions. Chez Brahms, l'Intermezzo op. 117 no 1 multiplie les suspensions sur basse berceuse.

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