articulation
Legato
Indication d'articulation demandant de jouer les notes de manière liée, sans interruption sonore entre elles.
Legato vient de l'italien legare, « lier ». L'indication demande de jouer une suite de notes de façon fluide, sans temps mort audible : chaque note pousse en quelque sorte la suivante. C'est l'opposé direct du staccato.
Sauf que le piano est un instrument à percussion, où chaque son décroît dès l'attaque — impossible de prolonger une note comme au violon ou à la voix. Le legato pianistique est donc une illusion, construite par trois moyens combinés : le doigté (maintenir une touche enfoncée jusqu'au moment précis où la suivante est jouée, sans chevauchement ni vide), le poids du bras (transféré d'une touche à l'autre dans un geste continu, plutôt qu'une attaque isolée par note) et la pédale forte, utilisée avec discernement pour lier les sons sans brouiller les harmonies.
Sur la partition, le legato se note par une courbe — la liaison de phrasé — tracée au-dessus ou en dessous des notes concernées : tout ce qui se trouve sous la courbe se joue d'un même souffle. Quand toute une œuvre baigne dans cette articulation, le compositeur écrit simplement legato ou sempre legato en tête de partition.
Exemples
- Nocturne Op. 9 No. 2 de Chopin — le thème principal est l'archétype du legato chantant à la main droite, sur un accompagnement main gauche fluide.
- Clair de Lune de Debussy — pièce entièrement construite sur un legato délicat, ouvragé par la pédale.
- Adagio sostenuto (Sonate au Clair de Lune) de Beethoven — exemple d'un legato grave et expressif, à la dynamique sans rupture.