forme
Berceuse
Pièce calme évoquant le bercement d'un enfant, en mesure ternaire ondoyante (6/8 ou 3/4), sur un accompagnement régulier.
La berceuse évoque le bercement d'un enfant qui s'endort : tempo lent, mesure ternaire — 6/8 le plus souvent, parfois 3/4 ou 9/8 —, accompagnement en ostinato régulier qui imite le balancement, mélodie simple et chantante, dynamique contenue entre p et pp. Le genre se fixe au XIXe siècle comme page intime de salon.
Le chef-d'œuvre en la matière reste la Berceuse op. 57 en ré bémol majeur de Chopin (1843-1844) : une suite de variations de plus en plus ornées sur un ostinato harmonique qui ne bouge jamais. Liszt a laissé une Berceuse en deux versions (1854 et 1862) ; Fauré la sienne, op. 16, pour violon et piano ; Schumann un Wiegenliedchen dans les Albumblätter op. 124. Et Debussy signe en 1914 une Berceuse héroïque paradoxale, écrite en pleine Grande Guerre.
L'exécution tient à peu de chose : une main gauche d'une régularité absolue, une pédale généreuse, un cantabile sans faille, aucun forte. Tout le sortilège repose sur la constance du balancement — un accent involontaire, et il se brise.
Exemples
Berceuse Op. 57 de Chopin — sommet absolu du genre, 16 variations sur ostinato en ré bémol. Wiegenliedchen Op. 124 No. 16 de Schumann (Berceuse). Brahms n'a pas écrit de Berceuse pour piano mais sa célèbre Wiegenlied Op. 49 No. 4 a été transcrite. Tchaïkovski Op. 16 No. 1. Debussy — Berceuse héroïque (1914).