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Catalogue

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476 partitions de piano gratuites du domaine public

Polonaise en fa majeur, BWV Anh. 117b

Johann Sebastian Bach

Le Petit Livre d'Anna Magdalena Bach contient deux versions de la même polonaise en fa majeur, copiées l'une à la suite de l'autre. La première, BWV Anh. 117a, est simple. Celle-ci en est la variation ornée, ce que les musiciens de l'époque appelaient un double. Le procédé était courant : on jouait la danse telle quelle, puis on la reprenait en la fleurissant de notes rapides. Le cahier familial conserve ainsi, côte à côte, le squelette et sa parure. Les deux mains gagnent ici en activité, avec des croches continues qui circulent d'une portée à l'autre. Le caractère de danse reste identique, mais l'allure devient plus brillante. Jouer les deux versions à la suite est un excellent exercice de style, et la meilleure façon d'entendre comment on ornait une danse au dix-huitième siècle.

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Menuet en si bémol majeur, BWV Anh. 118

Johann Sebastian Bach

Dans ce menuet anonyme du Petit Livre d'Anna Magdalena de 1725, c'est la main gauche qui travaille. Presque toute la pièce repose sur une basse en croches continues, qui avance sous une main droite plus posée, faite de noires, de rythmes pointés et de petits ornements. Cette répartition, inverse de celle des menuets en sol, en fait un excellent exercice pour la main gauche, souvent la moins agile chez l'adulte qui commence le piano. La tonalité de si bémol majeur, avec deux bémols à la clé, reste confortable à lire, et la seconde partie n'ajoute que quelques bécarres. Chaque partie se termine par des cases de première et de seconde fois : à la reprise, on saute la première case pour jouer directement la seconde. Un détail de lecture à repérer avant de se lancer.

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Polonaise en sol mineur, BWV Anh. 119

Johann Sebastian Bach

Le cahier de musique qu'Anna Magdalena Bach tient à partir de 1725 ne contient pas que des menuets : on y trouve aussi cette polonaise en sol mineur. Comme la plupart des danses du cahier, elle est anonyme : le sigle « Anh. » renvoie à l'annexe du catalogue Bach, réservée aux pièces dont l'attribution reste incertaine. La polonaise était alors une danse à la mode dans toute l'Allemagne, très loin des grandes pages que Chopin écrira un siècle plus tard. Ici, pas de faste : trois temps, une mélodie qui retombe sur le troisième, et cette cadence féminine caractéristique où l'accord final n'arrive pas sur le temps fort. L'écriture est à deux voix presque partout, avec une main gauche qui dialogue plus qu'elle n'accompagne. Sol mineur amène son lot de fa dièses, et quelques passages en doubles croches demandent des doigts déjà réguliers. C'est une bonne pièce de transition pour qui a déjà joué les menuets du même cahier et veut aborder une danse au caractère plus marqué.

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Menuet en fa majeur, BWV Anh. 113

Johann Sebastian Bach

Dans le second Petit Livre d'Anna Magdalena Bach, commencé en 1725, ce menuet est la première danse qui suit les deux grandes partitas recopiées en tête du cahier. Son auteur reste inconnu : le « Anh. » de son numéro renvoie à l'annexe du catalogue Bach, où sont rangées les pièces d'attribution incertaine. Il est plus remuant que les célèbres menuets en sol qui viennent juste après. Dès la première mesure, la main droite lance un petit groupe de doubles croches, puis enchaîne des triolets, un trille et de longues guirlandes de croches, pendant que la gauche avance en noires régulières. La seconde partie passe par ré mineur. Un petit motif de croches enroulé autour de do dièse y circule d'une main à l'autre, une mesure sur deux, comme un écho. C'est un bon deuxième ou troisième menuet baroque, à aborder une fois le balancement à trois temps acquis sur une pièce plus calme.

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Berceuse — Suite Dolly, Op. 56 No. 1 (quatre mains)

Gabriel Fauré

La Berceuse ouvre la suite Dolly, six pièces que Fauré a écrites pour piano à quatre mains autour de la petite Hélène Bardac, surnommée Dolly dans la famille. Le morceau tient dans un balancement régulier : la partie de primo chante une mélodie toute simple pendant que le secondo tricote un accompagnement qui ne bouscule jamais l'oreille. Rien de spectaculaire ici, et c'est justement ce qui plaît — on dirait une chanson fredonnée au bord d'un berceau. J'aime la faire lire à deux élèves qui ne se connaissent pas encore : la pièce les oblige à respirer ensemble avant même de parler musique. Henri Rabaud en a plus tard tiré une version pour orchestre, mais le charme intime de l'original quatre mains reste, à mon goût, difficile à égaler.

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Marche militaire No. 3, D. 733 (quatre mains)

Franz Schubert

Troisième et dernière des Marches militaires D. 733, en mi bémol majeur : la moins jouée du recueil, ce qui en fait presque une exclusivité pour les duos curieux. Elle troque l'éclat de trompette de la première marche contre une allure de parade bonhomme, avec des rythmes pointés qui sautillent et un trio central qui chante. Schubert écrivait ces pages pour le plaisir domestique — quatre mains, un seul clavier, des soirées entières —, et cette troisième marche en garde le parfum : musique de bonne humeur, sans prétention, qui sonne plus difficile qu'elle ne l'est. Si vous avez usé la première marche jusqu'à la corde, voici la suite naturelle du programme.

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Marche militaire No. 2, D. 733 (quatre mains)

Franz Schubert

La deuxième des trois Marches militaires D. 733 vit dans l'ombre de sa célébrissime voisine, et c'est injuste : ce sol majeur au pas tranquille — Allegro molto moderato, précise Schubert — a un charme plus rond, moins fanfare et plus promenade dominicale. Écrite comme ses sœurs pour piano à quatre mains, sans doute pendant les étés que Schubert passait chez les Esterházy à Zseliz, elle offre aux duos de pianistes un excellent morceau de complicité : moins rebattue que la première marche, tout aussi gratifiante, et un peu plus simple à mettre en place. Le trio central, plus lyrique, permet de souffler avant la reprise. À découvrir à deux, de préférence.

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Feuilles d'album Op. 124 No. 16 - Schlummerlied

Robert Schumann

Parmi les vingt Feuilles d'album de l'opus 124 — recueil que Schumann assembla à partir de pièces notées au fil d'une quinzaine d'années —, ce Schlummerlied, littéralement « chant pour s'endormir », est la page que les pianistes retiennent. Une mélodie qui se balance sur un accompagnement en croches régulières, un épisode central un peu plus sombre, puis le retour du bercement initial : rien de spectaculaire, tout en tendresse retenue. C'est du Schumann intime, cousin des Scènes d'enfants, parfait après deux ou trois ans de piano pour travailler le cantabile. Et si vous cherchez un morceau à jouer un soir pour endormir quelqu'un, franchement, vous ne trouverez guère mieux.

4 pages

Une nuit sur le mont Chauve (transcription Tchernov)

Modest Mussorgsky

Une nuit de sabbat sur le mont Chauve, près de Kiev : esprits, sorcières et danse infernale jusqu'au chant du coq et aux cloches de l'aube. Moussorgski compose ce poème symphonique en 1867 — d'un seul jet, à l'en croire — mais ne l'entendra jamais joué : c'est la version révisée par Rimski-Korsakov qui fera le tour du monde, jusqu'au dessin animé Fantasia de Disney. La transcription pour piano seul proposée ici est celle de Konstantin Tchernov, fidèle à l'orchestre et redoutablement pianistique. Attendez-vous à des trémolos, des octaves et de grands déplacements : un morceau de bravoure, au sens le plus théâtral du terme.

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Consolation No. 3 en ré bémol majeur, S. 172

Franz Liszt

Si Liszt évoque pour vous les octaves fracassantes des Rhapsodies, cette page prouvera le contraire : la Consolation no 3 en ré bémol majeur, publiée en 1850, est une confidence murmurée du bout des doigts. Une main gauche en arpèges amples et réguliers, une mélodie qui plane au-dessus, quelques éclaircies dans l'aigu — l'hommage aux nocturnes de Chopin, disparu l'année précédente, est à peine voilé. C'est la plus jouée des six Consolations, et la plus abordable des pièces célèbres de Liszt : nul besoin d'une technique transcendante, mais d'une oreille attentive et d'une pédale bien dosée. Un morceau que l'on garde ensuite toute sa vie sous les doigts.

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Sonate Op. 10 No. 2, 1er mouvement (Allegro)

Ludwig van Beethoven

La Sonate no 6 en fa majeur est la farceuse de la bande : Beethoven y taquine son auditeur du début à la fin, et ce premier Allegro donne le ton. Fausses pistes harmoniques, silences posés là où l'on attend une résolution, réexposition qui démarre effrontément dans la mauvaise tonalité (ré majeur au lieu de fa) : on y reconnaît l'humour de Haydn poussé d'un cran. Composée dans les années 1796-1798 et dédiée à la comtesse von Browne, elle reste moins jouée que la Pathétique, sa contemporaine — à tort, car ce mouvement pétille. Techniquement, on est dans le Beethoven de jeunesse : brillant, précis, exigeant pour l'articulation plus que pour la puissance.

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Menuet en mi bémol majeur, WoO 82

Ludwig van Beethoven

Ce menuet en mi bémol majeur fait partie des œuvres que Beethoven n'a pas numérotées dans son catalogue d'opus : le sigle WoO signifie « Werke ohne Opuszahl », œuvres sans numéro d'opus. Publié en 1805, il reste bien moins connu que la Lettre à Élise, alors qu'il offre une très bonne marche entre les premières pièces et les sonatines. Le menuet proprement dit, marqué Moderato, s'écrit en accords : la droite joue souvent deux notes à la fois, en tierces ou en sixtes, sur une basse en octaves. Un petit trait de six doubles croches à la mesure 8, puis une seconde partie plus chromatique où la main gauche passe en clé de sol, relèvent un peu le niveau. Le trio central, en la bémol majeur, change complètement d'écriture : des arpèges de croches se répartissent entre les deux mains, séparés par des silences, avec de grands écarts de registre. Le menuet est ensuite rejoué depuis le début, comme l'indique la mention Menuetto da capo.

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