forme
Allemande
Danse modérée à 4/4 d'origine allemande, ouvre traditionnellement les suites baroques après le prélude, caractérisée par une anacrouse d'une croche.
Définition
L'Allemande (français : « la danse allemande ») est une danse modérée à 4/4 d'origine allemande, devenue l'une des danses obligatoires des suites baroques européennes.
Caractéristiques
- Mesure binaire : 4/4 (occasionnellement noté C ou alla breve)
- Tempo modéré : Andante à Allegretto (noire = 80-100)
- Anacrouse caractéristique : démarre presque toujours par une croche levée (l'anacrouse « allemande »)
- Phrases régulières mais non symétriques
- Caractère fluide, ondulant, mais sans précipitation
Place dans la suite baroque
L'Allemande ouvre la suite après le prélude. Elle pose les bases harmoniques et mélodiques que les danses suivantes vont varier :
- Prélude (ouverture libre)
- Allemande (modérée, exposition harmonique)
- Courante (vive)
- Sarabande (lente, expressive)
- Galanteries
- Gigue (rapide finale)
Caractère ornemental
L'Allemande baroque est typiquement ornementée :
- Petites notes (acciaccatures, appoggiatures)
- Mordants et trilles
- Lignes mélodiques élaborées en croches et doubles croches
Au répertoire
- Bach : Allemandes des Suites françaises (BWV 813-817), des Suites anglaises (BWV 806-811), des Partitas (BWV 825-830)
- Haendel : Allemandes des Suites pour clavecin
- Couperin : Allemandes dans les Pièces de clavecin
- Froberger (XVIIᵉ s.) : Allemandes mélancoliques
Au piano moderne
L'Allemande tombe en désuétude au XIXᵉ siècle puis renaît au XXᵉ comme stylisation néoclassique :
Exemples
Bach — Allemande de la 6ᵉ Suite anglaise BWV 811. Bach — Allemande de la Partita No. 4 BWV 828 (longue, expressive). Couperin — Allemandes des Ordres pour clavecin. Froberger — Allemandes méditatives du XVIIᵉ siècle.