forme
Sarabande
Danse lente baroque en 3/4 caractérisée par un accent appuyé sur le 2ᵉ temps, intégrée aux suites baroques avec une expressivité contemplative.
La sarabande vient d'Espagne : la zarabanda du XVIe siècle était une danse rapide, jugée si licencieuse qu'elle fut interdite en Espagne en 1583. Passée en France au XVIIe siècle, elle ralentit, s'anoblit, et devient au XVIIIe l'âme expressive de la suite baroque. Ses traits : mesure ternaire à 3/4 ou 3/2, tempo grave (60-80 à la noire), ornementation riche — mordants, trilles — et surtout un accent porté sur le deuxième temps, contre-accent qui donne à la danse son balancement caractéristique.
Chez Bach, les sarabandes des Suites françaises, des Suites anglaises et des Partitas concentrent souvent l'expressivité de tout le recueil. Celle de Haendel en ré mineur (HWV 437) est devenue la plus célèbre du genre, popularisée par Stanley Kubrick dans Barry Lyndon. Couperin et Rameau en ont laissé de très nobles. Le XXe siècle l'a ressuscitée : les Trois Sarabandes de Satie (1887), la Sarabande modale et archaïsante de Pour le piano de Debussy (1901). À l'interprète de trouver la gravité contemplative du genre — et de marquer l'accent du deuxième temps avec subtilité, sans le frapper. C'est lui qui fait danser la lenteur.