theorie
Mode lydien
Mode musical ancien construit en partant du 4ᵉ degré d'une gamme majeure (Fa-Fa sur les blanches), reconnaissable à sa 4ᵉ augmentée mystique.
Le mode lydien, autre mode ecclésiastique ancien, se construit en partant du quatrième degré d'une gamme majeure : fa-sol-la-si-do-ré-mi-fa sur les touches blanches, soit ton, ton, ton, demi-ton, ton, ton, demi-ton. Sa singularité tient à une note : la quarte augmentée (si naturel en fa lydien, là où le majeur attendrait si bémol). Ce triton intégré donne au mode une brillance flottante, presque hypnotique — une sonorité volontiers qualifiée de mystique ou de féerique, du majeur qui ne retombe jamais tout à fait.
Présent dans le chant grégorien et la polyphonie de la Renaissance, il resurgit ponctuellement dans le répertoire : Beethoven écrit le mouvement lent de son Quatuor op. 132 « in der lydischen Tonart » — le Heiliger Dankgesang, chant de reconnaissance d'un convalescent —, Chopin en glisse des couleurs dans ses mazurkas, Debussy, Ravel, Bartók ou Stravinsky en font un matériau moderne. Le jazz, de Bill Evans à Herbie Hancock, l'a adopté pour la sonorité ouverte de ses ballades ; la musique de film y puise volontiers son merveilleux, de John Williams à Joe Hisaishi.
Exemples
Beethoven — Quatuor Op. 132, 3ᵉ mvt « Heiliger Dankgesang » — usage célèbre du mode lydien. Le thème principal des Simpsons est lydien. The Simpsons theme song, Yoda's theme (John Williams). Bill Evans : Peace Piece (ballade en lydien).