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Technique

Les nuances au piano : du pianissimo au fortissimo

Piano, forte, crescendo, sforzando : comment doser le volume au piano et bien équilibrer mélodie et accompagnement.

·5 min de lecture·Par Gaëtan R.
Illustration : Les nuances au piano : du pianissimo au fortissimo

Le volume, une couleur à part entière

Sur le papier, deux pianistes jouent les mêmes notes. À l'oreille, l'un raconte une histoire et l'autre récite une liste. La différence tient souvent aux nuances, c'est-à-dire au dosage du volume. Le mot piano, qui a donné son nom à l'instrument, signifie d'ailleurs « doux » : passer du murmure au grondement fait partie de l'identité même du clavier.

L'échelle des intensités

Les compositeurs notent le volume avec une petite série d'abréviations italiennes. Les deux repères de base sont le piano (doux, noté p) et le forte (fort, noté f). Entre les deux et au-delà, on gradue : mezzo-piano et mezzo-forte pour les intensités moyennes, puis pianissimo et fortissimo pour les extrêmes. Certaines partitions poussent le trait avec trois p ou trois f, invitation à chercher le presque-silence ou la puissance maximale.

Ces indications ne sont pas des valeurs absolues. Un forte de Mozart n'a pas le poids d'un forte de Rachmaninov ; tout se juge par rapport au caractère du morceau et à l'acoustique du lieu. La nuance reste relative, jamais mécanique.

Passer d'un niveau à l'autre

Le volume bouge rarement par sauts brusques. Le plus souvent, il glisse. Le crescendo fait grandir le son peu à peu, le decrescendo le laisse retomber. Ces transitions se dessinent sur la partition par deux fourchettes ouvertes, les « soufflets », qui montrent d'un coup d'œil où la tension monte et où elle redescend.

Il existe aussi des accents ponctuels. Le sforzando, noté sf ou sfz, demande d'appuyer nettement une note ou un accord isolé, comme un coup de projecteur, avant de revenir au niveau précédent. Bien placé, il réveille une phrase qui menaçait de s'endormir.

D'où vient le son fort ou doux

Au piano, le volume dépend de la vitesse à laquelle le marteau frappe la corde, donc de la manière dont on lance la touche. Pour jouer fort, on engage le poids du bras, parfois de l'épaule, sans crisper la main. Pour jouer doux, on retient ce poids et on effleure la touche avec plus de lenteur. Chercher un fortissimo en tapant depuis les seuls doigts produit un son dur ; le vrai forte, ample et rond, vient du corps.

Faire ressortir la mélodie

La difficulté la plus fréquente n'est pas de jouer fort ou doux, mais de doser deux volumes en même temps. Dans la plupart des morceaux, une main porte le chant pendant que l'autre accompagne. Si les deux sonnent au même niveau, la mélodie se noie. Le travail consiste à donner un peu plus de poids à la ligne principale et à retenir l'accompagnement, souvent confié à la main gauche. Cet équilibre se règle à l'oreille, note après note.

S'entraîner aux nuances

Un exercice simple pour commencer : jouer une gamme en montant en crescendo et en redescendant en decrescendo, très progressivement, sans à-coup. On reprend ensuite un morceau connu en exagérant volontairement les contrastes, quitte à forcer le trait, avant de revenir à un dosage naturel. On mesure vite à quel point une même page change de visage selon les nuances. Pour mettre tout cela en pratique, le catalogue de partitions libres de droits propose des pièces de tous niveaux.

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