theorie
Mode éolien
Mode construit sur le sixième degré de la gamme majeure, identique à la gamme mineure naturelle : de la à la sur les touches blanches.
De la à la sur les touches blanches, sans altération : le mode éolien est tout simplement la gamme mineure naturelle, celle qu'on obtient avant d'y introduire la sensible. La nuance entre les deux appellations tient au contexte. On parle de gamme mineure quand la musique fonctionne en tonalité classique, avec ses cadences et son sol dièse de passage ; on parle de mode éolien quand la pièce assume le septième degré abaissé et renonce à l'attraction de la sensible. La différence s'entend tout de suite : le mineur harmonique tire vers sa tonique. L'éolien flotte, retombe, tourne en rond. C'est la couleur de bien des musiques populaires, et c'est par le folklore que les compositeurs du XIXe siècle l'ont réintroduite dans la musique savante. Grieg harmonise des mélodies norvégiennes en respectant leur pente modale, Moussorgski fait sonner le clavier comme un chœur paysan russe. Au piano, repérer un passage éolien change la manière de le jouer : inutile d'y chercher des tensions de dominante qui n'existent pas. Le discours avance par vagues, pas par résolutions.
Exemples
Les harmonisations de chants populaires de Grieg, comme les Mélodies norvégiennes op. 66, gardent souvent la pente éolienne des originaux. La Promenade des Tableaux d'une exposition de Moussorgski mêle l'éolien à d'autres modes dans son allure de procession. Certaines mazurkas de Chopin laissent aussi le septième degré abaissé, loin du mineur d'école.