forme
Passacaille
Forme musicale baroque proche de la chaconne, basée sur une basse mélodique obstinée variée, originaire d'Espagne et stylisée par Bach et Haendel.
La passacaille — passacaglia en italien, pasacalle en espagnol, littéralement « passe-rue » — naît au XVIe siècle en Espagne comme musique de procession jouée par les guitares. L'Italie du XVIIe siècle en fait une forme savante, l'Allemagne du XVIIIe la porte à son sommet. Le principe : une basse mélodique obstinée de quatre ou huit mesures, répétée du début à la fin, pendant que les voix supérieures varient — une vingtaine à une cinquantaine de cycles, à 3/4 le plus souvent, dans un tempo modéré et un caractère noble, méditatif, monumental. La frontière avec la chaconne reste floue ; en principe, la passacaille conserve sa mélodie de basse intacte quand la chaconne varie plutôt la suite d'accords, mais les compositeurs ont toujours mélangé les deux termes.
Le sommet du genre est la Passacaille en ut mineur BWV 582 de Bach, pour orgue — une des pages les plus grandioses du répertoire, plusieurs fois transcrite pour piano. Haendel en a écrit une fameuse en sol mineur dans sa septième suite pour clavecin ; Couperin, sa Passacaille en si mineur du huitième Ordre. Plus tard, Brahms bâtit le finale de sa Quatrième Symphonie sur ce principe, et Webern intitule Passacaille son opus 1. La forme traverse les siècles sans prendre une ride.