forme
Chaconne
Forme musicale baroque basée sur la variation continue d'une basse obstinée de 4 ou 8 mesures, monumentale et hypnotique.
La chaconne — ciaccona en italien — repose sur une basse obstinée de quatre ou huit mesures, répétée sans relâche pendant que les voix supérieures varient à l'infini. Mesure ternaire (3/4 ou 3/2), tempo modéré à lent, caractère cérémoniel, monumental, hypnotique : les grandes chaconnes alignent de vingt à soixante variations. La cousine passacaille s'en distingue subtilement — la passacaille varie sur une ligne de basse intacte, la chaconne sur une suite d'accords que la basse peut réharmoniser. Distinction d'école, à vrai dire : les compositeurs eux-mêmes échangeaient les deux mots.
La plus célèbre reste celle qui clôt la Partita no 2 pour violon seul de Bach (BWV 1004), en ré mineur. Le piano se l'est appropriée deux fois : Brahms l'a transcrite pour la main gauche seule, Busoni en a tiré une version de concert devenue une épreuve de concours redoutée. Haendel en a laissé dans ses suites pour clavecin, et le Canon de Pachelbel s'apparente au procédé — une basse obstinée variée. Brahms encore bâtit le finale de sa Quatrième Symphonie sur ce modèle. Pour l'interprète, le défi tient dans la durée : varier le toucher à chaque cycle sans jamais lâcher la pulsation.