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Compositeurs

Mozart au piano : 5 œuvres absolument incontournables à connaître

De la Sonate facile K. 545 à la Marche turque, voici 5 œuvres pour piano de Mozart à connaître absolument, du débutant au confirmé.

·5 min de lecture·Gaëtan R.
Illustration : Mozart au piano : 5 œuvres absolument incontournables à connaître

Mozart au piano : un univers en 35 ans

Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) n'a vécu que 35 ans, mais a composé pour le piano un catalogue d'une richesse inouïe : 18 sonates, 27 concertos, fantaisies, variations, rondos, sans compter les pièces pédagogiques. Le piano-forte de son époque (plus léger, moins puissant que le piano moderne) façonne tout son langage : clarté, élégance, conversation entre les voix, jamais le pathos romantique.

Voici cinq œuvres qui résument son génie pianistique.

1. Sonate en Do majeur, K. 545 — « Sonata facile »

Composée en 1788 pour ses élèves débutants, c'est la sonate par laquelle tout pianiste commence Mozart. Trois mouvements limpides :

  • Allegro : exposition modèle de la forme-sonate, gammes brillantes
  • Andante : mélodie chantante, cantabile parfait
  • Rondo : finale enjoué, deuxième thème en mineur surprenant

Niveau intermédiaire. Apparente facilité, profondeur réelle.

2. Marche turque (Rondo alla Turca), K. 331 — finale

Sans doute la pièce pour piano de Mozart la plus reconnue dans le monde. C'est en réalité le troisième et dernier mouvement de la Sonate K. 331 (1783). Mozart imite avec génie la musique janissaire ottomane : accords percussifs, rythme martelé, exotisme à la viennoise.

À jouer : pas de pédale, doigté précis, rythme implacable. Niveau avancé, surtout pour le tempo et les ornements.

3. Fantaisie en ré mineur, K. 397

Un Mozart inhabituellement sombre. Forme libre (la fantaisie échappe aux contraintes de la sonate), commence par des arpèges descendants angoissés, dérive en mélodies plaintives, conclut sur un allegretto étrangement serein.

Œuvre inachevée à la mort de Mozart, complétée par August Müller. Pour pianistes qui veulent un Mozart pré-romantique. Niveau intermédiaire-avancé.

4. Concerto No. 20 en ré mineur, K. 466 — second mouvement (Romance)

Le 2ᵉ mouvement de ce concerto (1785) — souvent joué seul, en transcription pour piano solo — est l'une des plus belles mélodies jamais écrites. Beethoven l'admirait au point de composer ses propres cadences pour ce concerto. La Romance en si bémol majeur incarne ce que Vladimir Horowitz appelait « la voix de Mozart ».

À écouter avant de jouer, dans la version originale piano + orchestre.

5. Variations sur « Ah ! vous dirai-je, Maman » (K. 265)

Plus connue sous son surnom anglais (« Twinkle Twinkle Little Star Variations »), cette série de 12 variations sur la célèbre mélodie populaire française montre le génie virtuose de Mozart : il joue avec la mélodie comme un chat avec une pelote — gamme, syncopes, mode mineur, contrepoint, brillance, intimité…

Idéal pour comprendre la technique de variation classique, base du langage du XVIIIᵉ siècle.

Pour aller plus loin

Si ces 5 œuvres vous plaisent, explorez ensuite les Sonates K. 309 et K. 331 complètes, le Concerto No. 21 en Do majeur K. 467 (la sublime musique du film Elvira Madigan), et la Fantaisie K. 475 qui ouvre la Sonate K. 457.

Mozart au piano, c'est l'école absolue du toucher classique : clarté, équilibre des voix, cantabile, agilité digitale. Travailler Mozart, c'est se construire les bases de tout le répertoire.

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